Ce que les mass-média ne disent pas quand ils parlent de l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo : le Wahhabisme, le Takfirisme et l’Arabie Saoudite

Des millions de personnes ont défilé le 11 janvier dans les rues de Paris après le massacre auprès de Charlie Hebdo, prenant part à la «marche républicaine» pour exprimer leur solidarité avec les victimes de l’attaque terroriste et leur rejet du terrorisme.

Les gens ont définitivement assez du terrorisme et ils veulent que la terreur soit terminée. Cependant, beaucoup de ces personnes ne comprennent pas les raisons derrière cette terreur. C’est pourquoi un petit groupe d’émirs internationaux de la terreur a réussi de s’approcher de la grande manifestation contre le terrorisme pour s’y faire fêter par les mass-médias qui leur sont soumis; parmi eux François Hollande, chef du regime français, sympathisant du groupe terroriste Al-Qaïda, puis le chef du régime terroriste d’Etat d’Israël, Benjamin Netanyahu, et Piotr Porochenko, chef du régime ukrainien nazi, ainsi que les représentants des régimes des Etats-Unis , d’Allemagne, d’Angleterre, d’Espagne, de Turquie, des représentants de l’UE, de l’OTAN et de la Ligue arabe et ainsi de suite…

On dit même que le ministre des Affaires étrangères du régime saoudien a participé à la grande manifestation de Paris tenue à l’honneur des caricaturistes, victimes du terrorisme, ce même régime qui, après l’attentat de Paris, a fait fouetter le blogueur libéral saoudien Raïf Badaoui, parce que celui-ci avait dit sur Facebook que les musulmans, les juifs, les chrétiens et les athées étaient équivalents. De mauvaises langues disent qu’à l’heure actuelle, on ne sait pas encore, si à côté de l’Arabie saoudite, le califat de l’État islamique d’Abu Bakr Al Baghdadi et le groupe al-Qaïda, dirigé par Ayman Al Zawahiri, ont envoyé des représentants officiels pour assister au grand rassemblement de Paris contre le terrorisme.

Que ce soient les principaux représentants du terrorisme mondial qui aient réussi à se mêler aux manifestants, sans pour autant provoquer un tollé, est certainement dû au fait que les mass-médias de la soi-disante «communauté des valeurs du monde libre» font tout leur mieux pour masquer et dissimuler des informations essentielles qui ont affaire au terrorisme international. Le point essentiel des sujets qui touchent au terrorisme international et que les mass-médias cachent soigneusement, peut être caractérisé par trois concepts : le wahhabisme, le takfirisme et l’Arabie Saoudite.

Pratiquement tous les terroristes qui sont responsables du terrorisme international et qui se réfèrent à l’Islam sunnite, sont, en principe, des disciples d’une seule et même idéologie : le wahhabisme; allant des talibans en Afghanistan, en passant par Lashkar-e-Taiba au Pakistan, Hefazat-e-Islam au Bangladesh, le Mouvement du Turkestan oriental en Chine, Abou Sayyaf aux Philippines, l’Emirat du Caucase en Russie, les Jundallah en Iran, al-Shabaab en Somalie, Ansar Beit al-Maqdis en Egypte, Ansar al-Sharia et l’ancien GICL en Libye, Ansar Dine au Mali et dans d’autres pays d’Afrique du Nord, Boko Haram au Nigéria et dans les pays voisins, EIIL en Irak et en Syrie jusqu’à Al-Qaïda, y compris ses branches du Front al-Nosra syrien, de l’AQAP, d’al-Qaïda dans la péninsule arabe et d’al-Qaïda au Maghreb. En plus des groupes terroristes mentionnés ci-dessus, il y a encore d’autres petits groupes de nature wahhabite, mais tous les énumérer, cela va trop loin. Pratiquement tous les attentats terroristes meurtriers qui ont un « fond islamique » , comme les médias occidentaux appellent cela, et qui, au cours des dernières années, ont été perpétrés par des terroristes adhèrant à l’idéologie du wahhabisme, y compris les attaques terroristes les plus spectaculaires telles que 9/11 en 2001 aux États-Unis, l’attaque sur le théâtre Dubrovka de Moscou en 2002, celle à Madrid en 2004, 7/7 en 2005 à Londres, l’assaut sur le centre commercial de Westgate au Kenya en 2013, l’attaque contre le Musée juif de Belgique en 2014 et maintenant l’attentat terroriste contre Charlie-Hebdo à Paris. Toutes ces attaques terroristes ont été commises par des délinquants qui suivent la même idéologie: le wahhabisme.

S’y ajoutent des milliers d’attentats terroristes et d’attaques meurtrières de terroristes wahhabites dans des Etats de confession islamique, qui sont ravagés par des guerres civiles et où des centaines de milliers, voire des millions de personnes innocentes ont été victimes, mais qui dans le monde des médias occidentaux en général, ne font l’objet que d’un message en brève, si jamais on trouve qu’ils méritent d’être mentionnés, et qui donc sont guère remarquées par les populations des pays de la « communauté des valeurs du monde libre », parce que dès que le terrorisme dépasse une certaine intensité dans un pays, les médias occidentaux le perçoivent comme l’un des nombreux actes de guerre et ne le présentent que comme tel. C’est ainsi qu’on peut expliquer que le même jour que la rédaction de Charlie Hebdo a été attaquée à Paris, il y avait infiniment moins de médias à rapporter de l’attentat commis par des terroristes wahhabites dans la capitale yéménite de Sanaa, où il y a eu nettement plus de victimes. Sans entrer ici dans le débat des mécanismes médiaux qui sont la base du journalisme selectif, il faut, néanmoins, constater que la terreur répandue par des criminels, adhérents de l’idéologie wahhabite, constitue la très grande majorité du terrorisme mondial, et que le nombre impressionnant de victimes de la terreur wahhabite ne sont pas des Occidentaux, mais des musulmans qui se trouvent dans les pays à grande majorité musulmane.

La plupart des experts qui traitent le sujet de l’idéologie du wahhabisme, sont d’accord que cette idéologie est la base essentielle de la terreur globale.
Bob Graham qui, de 2001 à 2003, a été le chef de la commission de renseignement du Sénat américain, en parle aussi ouvertement que la politicienne US Hillary Clinton avant lui, mais aussi la savante britannique, spécialiste en Sciences des Réligions, Karen Armstrong, ainsi que l’érudit en Sciences des Réligions Reza Aslan, enseignant aux Etats Unis, et des experts en Sciences Po qui traitent des sujet de l’Islam tels que Mohamed Daadaoui, mais aussi les autorités civiles et religieuses des pays islamiques non-wahhabites comme l’Iran et la Syrie et des organisations islamiques, mais non-wahhabites, telles que le Hezbollah. La raison pour laquelle l’idéologie du wahhabisme est rendue responsable du terrorisme, c’est qu‘ à l’intérieur du wahhabisme, contrairement à d’autres écoles religieuses, morales et éthiques au sein et en dehors de l’Islam, on propage et on accepte, à l’aide de justifications qu’on tire arbitrairement du Qur’an, de tuer des mécréants, des infidéles, des dissidents, des apostats et des coreligionnaires sunnites désobéissants, sans autre raison particulière, et plus encore, bien sûr, on propage d’assassiner les gens qui ont fait des choses qui déplaisent beaucoup aux wahhabites telles que dessiner des caricatures haineuses de Mohamed ou faire des films dégoûtants sur l’islam mais aussi des personnes qui, publiquement, militent pour l’égalité de toutes les personnes, indépendamment de leur religion et de leur croyance.

Dans l’ensemble, il n’y a aucun doute et on sait où trouver le centre à partir duquel le monde est submergé de l’idéologie wahhabite : c’est en Arabie Saoudite où le wahhabisme est la religion d’Etat. C’est avec des centaines de milliards de pétrodollars que la superpuissance pétrolière d’Arabie Saoudite soutient la propagation mondiale du wahhabisme depuis de nombreuses décennies, et partout là où la propagation du wahhabisme a eu du succès, il y a souvent eu, peu de temps après, du terrorisme, poussé par les doctrines inhumaines du wahhabisme contemporain. C’est aussi le cas près de Bonn en Allemagne où l Académie du Roi Fahd propage le wahhabisme saoudien, et cela ne diffère guerre de la façon dont c’est fait au Pakistan, au Yémen, en Egypte, en Grande-Bretagne ou en France, où des institutions similaires, financées par une abondance de pétrodollars saoudiens, propagent l’idéologie du wahhabisme avec un effort plus ou moins important. Celui qui ne connaît pas l’histoire arabe et veut en savoir plus sur la relation symbiotique entre la famille royale saoudienne et le prédicateur, le fondateur du wahhabisme, Mohammad Ibn Abd al-Wahhab et ses disciples, peut se renseigner en français, par exemple, dans le livre de Jean Michel Vernochet « Les Egarés“

ISBN : 978-2-917329-62-7
Nombre de pages 172
Auteur : Jean-Michel VERNOCHET
Editeur : SIGEST
Date de parution : mars 2014 (3e édition)
http://www.librairie-voltairenet.org/index.php?id_product=82&controller=product

ou dans l’interview de Jean-Michel Vernochet sur « Le wahhabisme est-il musulman ? » [http://www.voltairenet.org/article186228.html] ou dans l’article «Vous ne pouvez pas comprendre l’État islamique sans connaître l’histoire du Wahhabisme en Arabie saoudite », publié il y a quelques mois par l’ancien agent du MI6 et spécialiste de la region du Moyen Orient, Alastair Crooke, à l’occasion de l’arrivée au pouvoir de l’EIIL. Alastair Crooke y explique aussi la raison pour laquelle la relation entre certains partis des wahhabites et la famille royale saoudienne est assez tendue: un certain nombre de wahhabites reproche à la famille royale saoudienne d’avoir trahi la veritable tradition wahhabite transmise par les disciples de l’enseignement pur de l’Islam des origines tel qu’il avait été enseigné par Wahhab, et que ceci était surtout dû à l’alliance saoudienne avec la Grande-Bretagne et les États-Unis. La famille royale saoudienne est donc elle-même soumise à une pression de l’intérieur du pays qui l’oblige, sous peine de son propre anéantissement, de prétendre être les vrais représentants de la doctrine wahhabite et de se comporter en conséquence.

Ce que vous devez aussi savoir, c’est que l’Arabie saoudite n’est pas le seul Etat propagateur du wahhabisme dans le monde, en dépit des relations étroites entre Wahhab et l’Arabie Saoudite. Ainsi il y a quelques années, l’émirat du Qatar a nommé sa nouvelle et plus grande mosquée, située à Doha, d’après le fondateur du wahhabisme, Abdul Wahhab, ce qui est un signe clair du wahhabisme. Mais aussi la Confrérie des Frères musulmans et la Turquie ne sont pas exemptes de l’influence des enseignements de Wahhab. Toutefois, le principal moteur et la plus importante source financière qui se trouve derrière la propagation mondiale de l’idéologie sanglante du wahhabisme est sans aucun doute la superpuissance pétrolière de l’Arabie Saoudite.

En ce qui concerne le wahhabisme lui-même, vous devriez savoir que Wahhab était un intégriste islamique qui a rejeté toutes les innovations et déviations de l’Islam ainsi que toute idolâtrie, voulant ramener la société islamique à l’époque où elle se trouvait du temps de la vie et de l’activité du prophète Mohamed.
Si on comprend qu’un des facteurs de la motivation de l’activisme de Wahhab était le fait qu’en son temps, il a vu quantités de dignitaires musulmans arabes arriver au Hajj fumant du hashish et menant une vie opulente, on pourra alors mieux comprendre ce qui a amené le mouvement wahhabite à propager ses pratiques religieuses puritaines et pourquoi, de nos jours, beaucoup d’adeptes de Wahhab méprisent la famille royale saoudienne dont les innombrables princes mènent une vie luxueuse, alors que la famille des Saoud réclame être les défenseurs vivants des engeignements puritains de Wahhab.

Dans les médias occidentaux, on appelle souvent les adeptes de l’idéologie wahhabite des salafistes. Le terme, cependant, est imprécis et incorrect. Les salafis sont les premières générations musulmanes après Mohamed. Ces salafis sont vénérés par la plupart des musulmans en tant que musulmans bienfaisants de la première heure, semblables à la vénération des Saints du Moyen Age par les chrétiens d’aujourd’hui, et même l’attitude des adeptes de l’idéologie wahhabite envers les salafis n’est pas négative. Pourtant, les adeptes du wahhabisme, en suivant la doctrine de Wahhab, ne se considèrent pas comme des partisans de la Salafiyya, mais simplement comme des disciples de Mohamed qui pratiquent une forme particulièrement pure et originale de la foi. Les wahhabites ne se sentiront donc pas concernés par des notions telles que wahhabites et salafistes ou insultés par ces termes. Eux, ils ne se considèrent que comme musulmans, tout simplement. Par contre, ils rejettent régulièrement les écoles sunnites classiques où, depuis des siècles, on enseigne l’évolution culturelle et la civilisation de l’Islam en les transmettant d’une génération à l’autre. Selon eux, ces écoles ne sont nées qu’après la vie du prophète Mohamed et donc pas d’origine islamique. Les wahhabites se caractérisent donc souvent par un manque total de compréhension pour les processus, parfois douloureux, de l’apprentissage d’une civilisation islamique, qui a duré plusieurs siècles, et souvent aussi par l’ignorance. Le wahhabisme fonctionne souvent de la sorte que quelqu’un accepte la foi islamique, qu’il est donc musulman, qu’il feuillette ensuite le Qu’ran, et qu’il trouve dans les sourates les indications de savoir comment procéder dans sa vie quotidienne selon sa propre interprétation, allant du marriage en passant par les droits de l’homme jusqu’à la guerre. Par conséquent, on peut dire à juste titre que les wahhabites cherchent une vie sociale comme à l’époque du Moyen Age. Les wahhabites, en particulier ceux dans les pays occidentaux, mais pas seulement eux, sont donc souvent carrément des amateurs laïcs, sans la moindre connaissance des siècles d’évolution culturelle de l’Islam. Ainsi on racconte le cas d’un wahhabite qui, avant d’aller faire la guerre en Syrie, a commandé un exemplaire du livre „L’Islam pour les nuls» chez Amazon pour avoir au moins une petite idée de l’Islam.

Ces dernières années, on a préféré un autre terme à celui du wahhabisme en Syrie, en Iran et au Liban, à savoir celui du « takfirisme ». La notion du takfirisme décrit, de façon générale, le même groupe de personnes que le terme du wahhabisme, mais elle est plus sélective, plus précise, ne se référant généralement pas aux opinions qui concernent l’activité historique du personnage de Mohammad Ibn Abd al-Wahhab, mais au comportement actuel: le takfir. Le takfir est la pratique de dire, en parlant d’autres personnes, qu’elles sont des infidèles ou des apostats, justifiant ainsi des sanctions contre elles et même l’assassinat. En déclarant que ces gens sont des infidèles ou des apostats, tout amateur laïc, comme par exemple certains wahhabites, peut déclarer n’importe quelle autre personne hors la loi et justifier ainsi tout crime contre elle. De nos jours, les savants se serviraient de cette pratique de façon plus susceptible pour poursuivre de vrais criminels ou pour menacer des malfaiteurs potentiels de persécution par le clergé. Il est vrai que, dans certains de ses écrits, Wahhab lui-même a critiqué la pratique du takfirisme, bien qu’il l’appliquât en abondance, mais cela n’inquiète nullement les laïcs du wahhabisme : de manière sélective, ils cherchent le verset dans le Qu’ran, qui les arrange pour justifier n’importe quel crime que, de toute façon, ils ont l’intention de commettre.

La référence au takfirisme à la place du wahhabisme ouvre aussi une porte à tous ceux des adeptes de Wahhab, qui, certes, pensent que Wahhab est, vu à l’ensemble, un défenseur des valeurs islamiques d’origine, dont la performance historique est positive, mais qui rejettent la pratique du takfirisme et surtout la pratique du takfirisme des laïcs. Dans le même temps, le concept du takfirisme comprend aussi des délinquants violents, qui, certes, pratiquent un takfirisme de laïcs, mais sans être des adeptes de Wahhab ou de ses enseignements, et qui ne sont donc pas des wahhabites, ce qui pourrait être le cas des Déobandis, par exemple. L’utilisation du terme takfirisme à la place de wahhabisme est alors plus sélectif dans la mesure où il se réfère au comportement et non à l’identité de l’individu, car celui qui ne pratique plus le takfirisme, n’est plus un takfiriste, et ceci ouvre une porte pour agir parmi les partisans de Wahhab et pour entrer en discussion avec les adebtes de Wahhab sur la question de savoir quel comportement est juste et quel comportement est faux. Si les disciples de Wahhab se comportent ou changent de sorte que certes, ils louent Wahhab en tant qu’innovateur, comme de nombreux chrétiens le font à propos de Martin Luther, mais en condamnant la base wahhabite de la terreur et de l’intolérance du takfirisme, tout comme les protestants chrétiens d’aujourd’hui condamnent l’antisemitisme ardent de Martin Luther, on pourra alors, au fil du temps, enlever à l’idéologie wahhabite son trait inhumain et terroriste. Et c’est de cela qu’il s’agit, après tout, plutôt que de Wahhab lui-même, quand on parle du wahhabisme : de mettre fin à l’intolérance, à la misanthropie et au terrorisme. Par conséquent, il est plausible de préférer la notion du takfirisme à celle du wahhabisme, bien que dans la plupart des cas cela se réfère aux mêmes personnes.

On peut regretter que dans les médias occidentaux, le wahhabisme et le rôle de l’Arabie saoudite dans la propagation de cette idéologie meurtrière ne soient que très rarement évoqués et le takfirisme quasiment pas du tout. Jusqu’ici, parmi les milliers d’articles de presse dans les mass-médias allemands, qui traitent de l’attaque terroriste contre Charlie-Hebdo, il n’y en a guère eu un qui ait juste un peu touché au sujet du wahhabisme et au rôle de l’Arabie saoudite et pas un seul n’a parlé du takfirisme. Au lieu de cela, les mass-médias allemands écrivent, soit que les musulmans et l’islam ne sont pas à blâmer pour ce terrorisme, soit que l’islam est, malgré tout, la cause de cette terreur. En présentant cette image double et primitive du monde, les médias mettent les défenseurs et les adversaires de l’Islam les uns contre les autres, sans pour autant toucher au vrai problème du wahhabo-takfirisme promu surtout par l’Arabie Saoudite dans le monde entier et qui est la cause principale du terrorisme, faisant souffrir aussi bien des musulmans que des non-musulmans.

Quant à la question de savoir pourquoi les médias et les politiciens occidentaux n’abordent pas ou très rarement le sujet du wahhabo-takfirisme et le rôle de l’Arabie Saudite dans la propagation de cette idéologie, cela peut donner lieu à la spéculation. Une raison pour ceci pourrait être que de nombreux journalistes et politiciens occidentaux n’ont tout simplement pas la moindre idée de ce problème. C’est certainement le cas de quelques journalistes et politiciens, mais à coup sûr pas celui de tout le monde. Déjà trop de personnages haut-placés, y comprise l’ancienne Secrétaire d’Etat americaine des Affaires Etrangères, Clinton, ont prouvé qu’ils connaissaient très bien les dangers posés par le wahhabisme. Une autre raison pourrait être le fait que l’Arabie saoudite et le Qatar, avec leurs milliards de dollars provenant de la vente du pétrole et du gaz, sont des investisseurs et des clients financièrement solides auxquels l’Occident ne veut pas renoncer. Étant donné que ces dernières années, les pays occidentaux ont déjà dépensé des millards et des milliards de dollars pour le compte d’une lutte prétendue contre les excès terroristes du wahhabisme propagés par l’Arabie Saoudite et qui’ils n’ont rien fait d’autre que de produire de plus en plus de terreur wahhabite, on pourrait se demander si ces arguments sont vraiment valables ; c’est que pour l’occident, la lutte militaire contre le terrorisme wahhabo-takfiriste coûtait, jusqu’à maintenant, déjà bien plus cher que tout ce que l’Arabie Saoudite et le Qatar aient jamais investi dans les pays de l’Ouest, et le bout du tunnel n’est pas en vue.

L’idée qui semble être plus valable est que de nombreux journalistes et politiciens de l’Occident sont certainement au courant de ce que sont les grandes linges de la nature du wahhabo-takfirisme et du rôle de l’Arabie Saoudite là-dedans, mais qu’ils n’en disent rien, parce qu’ils doivent tenir compte du wahhabo-takfirisme et de l’Arabie saoudite en tant que partenaires de l’Occident et d’Israël afin de transformer la géopolitique du monde arabe et de l’Asie Centrale par exemple, en affaiblissant ou renversant par la terreur takfiriste des gouvernements qui ne plaisent pas à l’Arabie Saoudite et à Israël et qui ont de bonnes relations avec l’Iran, la Russie et la Chine, comme cela a été le cas, il y a trois décennies, de l’Afghanistan, il ya trois ans de la Libye et comme ceci peut actuellement être observé en Syrie.

Cela signifierait certes que les dirigeants occidentaux qui ont pris les rues contre le terrorisme à Paris, sont eux-mêmes les principaux responsables du terrorisme contre lequel ils ont prétendu manifester le 11 janvier à Paris, mais cela fournit une explication logique pourquoi les politiciens et les médias occidentaux ont, si l’on veut s’exprimer prudemment, de grandes difficultés de parler du thème du wahhabo-takfirisme et de l’Arabie Saoudite, et pourquoi, actuellement, ils en gardent un silence presque total en dépit de l’énorme intérêt public. Cela explique aussi pourquoi les médias occidentaux font sans cesse l’agitation contre l’Iran, le gouvernement syrien, le Hezbollah et les Houthis, alors que ceux-ci, en effet, sont les principales forces dans le combat sur place contre la terreur takfiriste et l’idéologie wahhabite.

La grande question est maintenant de savoir si les populations des États de l’Ouest continueront à tolérer cette dissimulation de la vérité pratiquée par leurs politiciens et leurs médias, ou si, au contraire, elles exigeront de leurs élites des réponses et des solutions à l’égard des sujets du wahhabisme, takfirisme et de l’Arabie saoudite en élévant leurs voix si haut que les médias et les élites ne peuvent plus les ignorer.

Cet essai est une traduction adaptée de l’essai allemand „Was die Massenmedien zum Charlie-Hebdo-Terroranschlag verschweigen: Wahhabismus, Takfirismus und Saudi Arabien“ publié le 12 Janvier 2015, qui a obtenu beaucoup d’attention en Allemagne.

Annexe:
Pour finir, encore un mot au sujet du wahhabisme: Il n’a pas été caractérisé par la violence tant qu’il était la religion des bédouins dans le désert et que la loi de l’hospitalité et d’autres lois bédouines avaient la priorité. En plus, il n’y avait guère de prédicateurs dans le desert et sous les tentes, et ceci est toujours le cas. Les bédouins et les paysans en Arabie Saoudite étaient et sont des wahhabites sans vraiement savoir ce que c’est et on trouve beaucoup de gens parmi eux qui sont très hospitaliers et ouverts. Ceci a seulement changé au moment où la péninsule arabe a commencé à avoir une importance stratégique et quand les Britanniques ont favorisé le clan des Saoud, des adebtes du wahhabisme, qui en faisaient leur religion d’Etat, soutenus par les Britanniques. Pour les Saoud, le wahhabisme était et reste un moyen de dominer tous les autres clans du royaume, car la famille royale et les “elites” du pays sont plus que des hypocrites se permettant tout ce que se permettent les “élites” du monde occidental, alors qu’on punit sévèrement les citoyens simples et tous les “esclaves” étrangers qui travaillent dans le pays s’ils ne suivent pas les lois à la lettre. Ainsi, la religion est devenue un instrument politique absolu, encouragé par les Britanniques et leurs successeurs américains, car quand on est enfermé dans une idéologie on ne s’intéresse pas beaucoup au pillage des ressources et des richesses du pays dont ne bénéficient que quelques-uns et ceux pour qui ils travaillent. De toute façon, la famille des Saoud doit ses richesses aux Britanniques et Américains qui les ont privilégiés parmi toutes les autres tribus parce que cette idéologie bornée qui mettait au pas le people, les arrangeait bien.
Il ne faut pas non plus penser que les femmes, même si on ne les voit pas se presenter en public, sont toujours a la maison et dans la cuisine et constamment opprimées. Beaucoup de femmes (même plus que les hommes) ont fait des études universitaires et font du bon traivail en tant que médecins, professeurs d’université, souvent mieux que les hommes. Bon nombre d’Arabes dans le royaume sont ouverts et des gens normaux comme tout le monde, mais sans se montrer ouvertement, très polis aussi envers les femmes. Et bien sûr, il y en a assez qui sont exactement le contraire, ce sont alors ceux qu’on peut utiliser politiquement pour qu’ils disent aux autres comment ils doivent vivre et qui repandent exactement ceci et toute leur idéologie dans le monde, pour trouver suffisamment d’imbéciles, aussi à l’extérieur du pays, qui sont prêts à mourir pour les projets de la “communité des valeurs du monde libre”.

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